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Positionnement
· Christophe Mazoyer

Ton prospect ne te trouve pas trop cher. Il te trouve trop risqué.

« Je dois en parler en interne. » Ce n'est presque jamais le prix. Ce que le cerveau de ton prospect calcule vraiment, et 3 leviers pour désamorcer sa peur.

Cartons de déménagement tramés sur fond jaune, légende « Déménagement. »

“C’est très intéressant. Je dois en parler en interne, je reviens vers vous.”

Tu connais cette phrase. C’est celle que tu entends juste avant de ne plus jamais avoir de nouvelles.

Le prospect était chaud. Il a hoché la tête pendant toute ta présentation. Il t’a même dit qu’il en avait marre de son prestataire actuel.

Et pourtant il ne signe pas.

Alors tu te dis : “Arf, j’étais sûrement trop cher.”

Spoiler : c’est presque jamais à cause du prix.

Le faux coupable

Quand un prospect dit “je vais réfléchir”, ton réflexe, c’est de penser que t’étais trop cher.

Du coup, au rendez-vous suivant, tu rognes ta marge. Tu offres un mois. Tu rajoutes une option…

Et ça change… rien.

Parce que le problème, il est pas dans ton devis. Il est dans la tête du dirigeant.

Ce que le cerveau de ton prospect calcule (vraiment)

Pour une fois, je vais pas te ressortir une étude américaine (ça change).

Le mec qui explique le mieux ce qui se passe, c’est un Français : Romain Bouvet, docteur en neurosciences (d’ailleurs, n’hésite pas à le suivre sur LinkedIn, il publie toujours des contenus hyper instructifs)

Son idée : quand ton prospect évalue ton offre, son cerveau ne calcule pas une seule chose. Il en calcule deux.

  • Le bénéfice : qu’est-ce que je gagne ?
  • L’effort : qu’est-ce que ça va me coûter pour l’obtenir ?

Et cet effort, il ne se mesure pas qu’en euros.

Il se mesure en temps. En charge mentale. En risque de se planter. En trouille de tout casser dans une boîte qui tourne déjà, même mal.

Les études d’imagerie cérébrale le montrent : le cerveau évalue le coût de l’effort en même temps que la récompense.

Traduction (pour ceux qui ont pas fait LV2 médecine au lycée) :

Ton prospect peut être convaincu que t’es meilleur que son presta actuel… et ne rien faire quand même. Juste parce que le chemin pour y arriver lui paraît trop pénible (à tort ou à raison).

Changer d’infogérant, pour lui, c’est un déménagement

Prends un truc que t’as déjà vécu : déménager.

Ça fait 2 ans que ton logement est trop petit. T’as visité plus grand, mieux placé, à peine plus cher. Sur le papier, c’est parfait, ça correspond pile à ton besoin.

Et pourtant, t’as toujours pas déménagé. Pourquoi ?

Parce que rien que d’imaginer les cartons, le camion à réserver, le bazar, le risque de casser ton setup gaming… t’es déjà crevé.

Le bénéfice est pourtant évident.

C’est le trajet qui bloque.

Ton prospect en face de toi, c’est exactement pareil. Sauf que son déménagement à lui, c’est changer de prestataire IT. Et il a encore plus peur : si ça casse pendant le switch, c’est toute sa boîte qui s’arrête.

Ce qu’il se dit pendant que tu parles

Pendant que tu déroules tes SLA et ton EDR, lui, dans sa tête, c’est plutôt :

  • “Qui va gérer la transition ? Parce que moi, j’ai pas le temps.”
  • “Mon presta actuel a tous mes accès, mes mots de passe… ça va me prendre des plombes à récupérer tout ça !”
  • “Je vais devoir tout réexpliquer à une nouvelle équipe. Flemme.”
  • “Et si je me plante et que je crée un problème pire que celui que j’ai déjà ?”

Tu remarques le point commun ? Il ne se pose pas de question sur tes compétences techniques. Ce qui le tétanise, c’est le trajet.

Les 3 leviers pour désamorcer la peur

Bonne nouvelle : cette peur, ça se travaille. Romain Bouvet parle de 3 leviers. Je te les traduis en version infogérance.

1. La clarté : il faut lui montrer le chemin

Ton prospect doit voir les étapes. Pas le détail technique, juste la logique : audit, plan de bascule, cohabitation avec l’ancien prestataire, reprise, suivi.

S’il voit un trou noir entre “aujourd’hui” et “tout marche”, il recule.

S’il voit un chemin balisé, il se projette.

2. L’identification : il faut qu’il se reconnaisse

“Oui, mais nous, on est différent.” Tu la connais, celle-là.

Un dirigeant de PME de 25 personnes a besoin de voir que t’as déjà géré une boîte comme la sienne. Il ne veut pas voir ta page avec les logos Microsoft, Veeam et Acronis (ça, tous tes concurrents l’ont en plus).

Il veut voir un cas concret, une entreprise de sa taille, de son secteur… que tu accompagnes. C’est ça qui le rassure et l’aide à se projeter.

(C’est aussi pour ça que se spécialiser sur un secteur change tout. J’en parlais dans mon article sur la verticalisation)

3. Le contrôle perçu : il faut qu’il se sente encadré, pas largué

Le plus important, c’est de lui prouver qu’il garde la main.

Un interlocuteur unique (pas un numéro de hotline anonyme). Un planning clair. Des étapes validées au fur et à mesure. Une clause de réversibilité. Ses accès admin à son nom dès le premier jour.

Le message qu’il reçoit : “je ne suis pas pris en otage.”

Et un prospect qui se sent maître du truc, il signe (plus facilement)

Le truc que la plupart des MSP ratent

Tu te dis sûrement : “ok, je gérerai tout ça au prochain rendez-vous.”

Trop tard.

Cette peur, elle démarre bien avant le RDV. Elle démarre quand il tape ton nom sur Google. Quand il tombe sur ton site. Quand il regarde ton profil LinkedIn.

Si ton site, c’est une plaquette qui aligne tes partenaires technos, il désamorce rien du tout. Pire : il confirme que t’es un MSP de plus, interchangeable, qu’on choisit au prix.

C’est tout le rôle de ton marketing : faire tomber cette peur en amont.

La prochaine fois qu’un prospect te dit “je vais réfléchir”, demande-toi une chose :

Est-ce qu’il hésite à acheter… ou juste à changer ?

C’est pas le même problème.

Et surtout, c’est pas la même solution.

Ce qu’on fait chez TurboHero

Cette solution-là, justement, c’est notre boulot.

On fait de l’infogérance marketing pour les MSP. Oui, infogérance. Comme ce que tu vends à tes clients, sauf que là, c’est nous qui gérons ton marketing, ta génération de leads…

Sur ce sujet précis, ça donne :

  • un site qui montre le chemin au lieu d’aligner des logos
  • des cas clients dans lesquels ton prospect se reconnaît
  • des preuves qui le rassurent (certifications, avis, méthode, timing…)

Bref, tout ce qui fait qu’un prospect ne te dira plus : “Merci, je vais réfléchir”.

👉 Envie de voir ce que ton site raconte vraiment à un prospect qui a peur de changer ? On en parle 30 minutes : Réserver un diagnostic


PS : tu sais ce qui est pire que de déménager ? Rester 10 ans dans un truc trop petit en se disant “bah, on s’y fait”. Ton prospect aussi s’est “fait” à son prestataire actuel. Tout ton job, c’est de rendre le changement moins effrayant que le fait de ne rien changer.

L’auteur
Fondateur
Christophe Mazoyer

Christophe dirige TurboHero. Il écrit chaque semaine sur l'acquisition des MSP, et parle le langage du métier — MRR, RMM, PSA, tickets.

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